Immobilier européen : entre flambée espagnole et frémissements locaux en Suède et au Royaume-Uni
En Espagne, le prix au mètre carré dépasse les 2 300 euros, un record post-bulle, tandis que la Suède voit des hausses spectaculaires dans certaines communes, et que les stations balnéaires britanniques résistent au ralentissement national.

Le marché immobilier espagnol semble renouer avec les excès d’avant 2008. Selon les derniers chiffres officiels, le prix moyen du mètre carré a atteint 2 315,7 euros au premier trimestre 2026, en hausse de 13,9 % sur un an. Ce niveau, qui dépasse le seuil symbolique des 2 000 euros pour le cinquième trimestre consécutif, inquiète les observateurs qui y voient les prémices d’une nouvelle bulle, alimentée par une offre insuffisante et une demande soutenue, notamment étrangère.
En Scandinavie, la situation est plus contrastée. Les registres de ventes compilés dans le sud de la Suède révèlent des écarts saisissants. Dans la commune aisée de Lomma, le prix médian au mètre carré frôle les 56 500 couronnes (environ 5 000 euros), tandis qu’à Arlöv, à quelques kilomètres, il plafonne à 38 000 couronnes. Une villa de 129 m² à Lomma s’est ainsi négociée à 6,9 millions de couronnes, contre 3,1 millions pour 167 m² à Arlöv. À Löddeköpinge, une habitation de 227 m² a changé de mains pour 7 millions, soit un prix au mètre carré de 35 000 couronnes, et à Staffanstorp, le mètre carré s’établit à 33 000 couronnes. Plus frappant encore, une maison de 117 m² à Skärblacka, achetée 525 000 couronnes en 2014, a été revendue 3,3 millions en 2026, soit une multiplication par plus de six, témoignant d’une fièvre acheteuse dans des zones autrefois délaissées.
Outre-Manche, le phénomène prend une autre forme. D’après les données du portail Rightmove, les villes côtières du Merseyside, comme Bootle et Crosby, affichent des hausses de prix à deux chiffres (+11 % et +9 % respectivement), alors que le marché britannique marque le pas. Ce dynamisme des périphéries maritimes, que l’on retrouve également au Pays de Galles, reflète une recomposition des préférences post-pandémie, où l’attrait pour les espaces et la qualité de vie l’emporte sur la proximité des grands centres.
Cette mosaïque d’évolutions disparates souligne la fragmentation du marché immobilier européen. Si l’Espagne suscite des craintes de surchauffe, la Suède et le Royaume-Uni montrent que les tensions se concentrent sur certains segments géographiques, souvent périurbains ou littoraux. La remontée des taux d’intérêt, commune à l’ensemble du continent, pourrait toutefois modérer ces ardeurs, même si la rareté du foncier et les retards de construction maintiennent une pression à la hausse. Les mois à venir diront si ces bulles locales sont soutenables ou annonciatrices d’un atterrissage brutal.
Cette actualité est parue dans
13 sources · 1 langues · fenêtre 24 h