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Haïti : au moins 30 morts dans une bousculade à la Citadelle Laferrière

Un rassemblement pascal sur ce site classé par l’Unesco a viré au drame, samedi, dans le nord du pays. Les autorités redoutent un bilan plus lourd, alors que les circonstances exactes restent floues.

Société9 sources4 langues2 min de lectureMàj 10:28

Le samedi de Pâques, un rassemblement à la Citadelle Laferrière, joyau du patrimoine mondial haïtien, s’est soldé par une tragédie : au moins trente personnes ont péri, selon les autorités, dans un mouvement de foule meurtrier. Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a évoqué un « incident survenu lors d’une manifestation touristique à laquelle participaient de nombreux jeunes ». Le maire du Cap-Haïtien, Patrick Almonor, a prévenu que les opérations de secours n’étant pas achevées, le bilan pourrait s’alourdir. La forteresse, située à 25 kilomètres de la deuxième ville du pays, avait attiré une affluence exceptionnelle pour ce week-end pascal.

Les récits de la presse européenne divergent sur les causes immédiates. Les médias germanophones insistent sur la panique provoquée par une foule trop dense, tandis que la presse espagnole cite les premières informations faisant état d’un manque d’oxygène dans les galeries souterraines de la citadelle, aggravé par des pluies diluviennes et des vents violents. La BBC a rappelé qu’il s’agissait d’un rassemblement annuel de Pâques, tradition ancrée dans le nord d’Haïti, et que les autorités départementales redoutaient un nombre de victimes encore plus élevé.

Au-delà du drame humain, cette bousculade met en lumière la fragilité d’un pays où l’État peine à garantir la sécurité des rassemblements publics. La Citadelle Henri Christophe, construite après l’indépendance pour parer à un éventuel retour des troupes françaises, symbolise la résistance haïtienne. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, elle demeure l’un des rares sites touristiques du pays encore visités, malgré l’effondrement de l’économie et la violence endémique des gangs qui paralyse la capitale, Port-au-Prince, à moins de 250 kilomètres au sud. Que le drame survienne lors d’une fête pascale destinée à offrir un souffle de normalité à une population éprouvée en accentue la portée symbolique.

Les autorités haïtiennes, déjà confrontées à une crise sécuritaire et humanitaire majeure, ont ouvert une enquête. Mais les interrogations restent entières sur l’organisation de cet événement : y avait-il des mesures de contrôle des flux ? Les galeries étroites de la forteresse étaient-elles adaptées à une telle affluence ? Alors que les prochains grands rassemblements – fêtes patronales, cérémonies du 18 mai – se profilent, la tragédie de Milot interroge la capacité d’un État déliquescent à protéger ses citoyens, y compris dans les espaces qui incarnent le mieux leur histoire.

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Le Monde
NBC News
La Vanguardia
The New York Times
BBC News
Sky News
Tages-Anzeiger