Gaza : des soldats israéliens révèlent la poursuite des tueries malgré la trêve
Des réservistes témoignent d’exactions continues et de règles de tir permissives dans l’enclave, où plus de 900 Palestiniens ont péri depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre.

« Chiamarlo cessate il fuoco è uno scherzo » : ce constat amer d’un soldat israélien, recueilli par la presse, jette une lumière crue sur la réalité de la trêve à Gaza. L’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre, n’a guère interrompu les violences. Les réservistes, qui ont témoigné sous couvert d’anonymat auprès de l’agence Associated Press et de médias israéliens, décrivent une situation où les tirs sur les Palestiniens continuent, souvent encouragés par des règles d’engagement permissives. Ces révélations, relayées par la presse européenne et le quotidien Haaretz, soulignent le malaise grandissant au sein même de l’armée israélienne. Depuis l’instauration de la trêve, au moins 929 Palestiniens ont été tués et plus de 2 800 blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Les témoignages de ces soldats, qui ont servi dans la bande de Gaza jusqu’en janvier 2026, brossent le tableau d’une zone de non-droit où la « ligne jaune » séparant les secteurs sous contrôle israélien des zones palestiniennes est devenue une frontière mortelle. Des scènes de liesse après la destruction d’un véhicule civil, décrites par un réserviste, illustrent une banalisation de la violence. Parallèlement, des médias iraniens rapportent des frappes ciblant des civils, comme l’attaque d’une aire de jeux pour enfants ou des tirs de drone dans le quartier d’al-Rimal à Gaza-ville. Une femme a été grièvement blessée par des tirs près du camp de réfugiés de Bureij. Ces incidents fragmentaires, cumulés, dessinent un quotidien marqué par l’insécurité permanente.
Le bilan humain global est écrasant. Les autorités sanitaires de Gaza estiment que près de 73 000 Palestiniens ont péri depuis le 7 octobre 2023, un chiffre qui inclut les corps restés sous les décombres. Dans ce contexte, le terme « cessez-le-feu » apparaît comme une fiction juridique. Les capitales occidentales, de Paris à Bruxelles, se bornent à des condamnations rituelles, tandis que les opinions publiques du Sud global – d’Afrique du Sud à l’Iran – y voient la preuve d’une impunité structurelle. Pour les observateurs européens, ce glissement vers une guerre de basse intensité, où la force est utilisée sans perspective politique, enterre un peu plus l’horizon d’une solution à deux États. L’absence de mécanismes de surveillance indépendants et la permissivité des règles d’engagement israéliennes risquent de pérenniser ce cycle de violence silencieuse.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Trois réservistes israéliens ont confié à l'AP que qualifier de 'cessez-le-feu' la trêve à Gaza est une plaisanterie, alors que plus de 900 Palestiniens ont été tués depuis l'arrêt officiel des hostilités. Leurs récits révèlent le fossé entre la rhétorique diplomatique et la réalité d'une violence persistante, jetant un regard sceptique sur la solidité de l'accord.
Lors de l'Aïd al-Adha, des frappes israéliennes ont tué 29 Palestiniens, dont de nombreuses femmes et enfants, aggravant une catastrophe humanitaire déjà extrême. Malgré un manque criant de moyens, les équipes de protection civile continuent d'extraire les victimes des décombres. Que cette agression survienne pendant une fête sacrée musulmane souligne la brutalité d'une offensive qui épargne peu les civils.
La semaine dernière, Israël a intensifié son offensive à Gaza, tuant plus de deux douzaines de Palestiniens pendant l'Aïd tout en maintenant l'interdiction de pèlerinage à La Mecque. Le récit replace ces violences dans le cadre d'une guerre génocidaire et d'un régime d'apartheid, avec des détails insoutenables comme un bébé amputé d'une jambe. L'enjeu est de ne pas détourner le regard du désastre en cours.
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