En mai 2026, les tensions inflationnistes resurgissent aux quatre coins du globe
Hausse des coûts du transport en Argentine, flambée des tomates au Ghana, doublement de l’inflation en Suède : les prix à la consommation repartent à la hausse de manière inégale selon les régions en mai 2026.

Peu à peu, en ce mois de mai 2026, l’horizon économique mondial se teinte de nuances inflationnistes. Après une période de relative accalmie, plusieurs indicateurs se remettent à flirter avec la hausse, dessinant une mosaïque de pressions où se mêlent les coûts du transport, les soubresauts des chaînes alimentaires et les rémanences énergétiques.
En Amérique latine, l’Argentine illustre cette tendance avec une double alerte. L’Indice des coûts du transport (ICT) y a encore grimpé de 1,91 % en mai, certes en décélération après le pic de mars, mais avec un cumul annuel qui atteint déjà 20 % et une variation interannuelle de 48 %. L’inflation de détail, de son côté, s’est établie à 3,77 % en rythme annuel, portée par la flambée des carburants et de la viande. Pendant ce temps, le Paraguay voisin affiche une tout autre vigueur, avec une croissance de 4,7 % au premier trimestre, tirée par l’agriculture et les services, rappelant que le continent sud-américain reste un kaléidoscope de dynamiques contrastées.
En Afrique de l’Ouest, le Ghana voit son indice des prix à la consommation remonter à 3,7 % en glissement annuel, après 3,4 % en avril. Ce regain est presque exclusivement alimentaire : les prix des tomates fraîches ont bondi de près de 39 % en un mois, victimes de perturbations dans les circuits d’approvisionnement transfrontaliers. Si l’inflation demeure loin des 18,4 % enregistrés un an plus tôt, ces deux hausses mensuelles consécutives ravivent la vigilance des autorités.
Le Vieux Continent n’est pas épargné. En Suède, l’inflation a doublé en mai, passant de 0,8 % à environ 1,6 % selon l’indice KPI, dépassant largement les prévisions des analystes. La hausse touche les services et l’énergie, mais les prix des matières premières et des biens intermédiaires se diffusent plus largement, faisant dire à certains économistes que le tableau « clignote au rouge ». Rien d’alarmant néanmoins pour la Riksbank, qui voit son objectif de 2 % encore éloigné, mais l’accumulation des signaux haussiers rappelle la fragilité de la désinflation.
En Asie, Jakarta offre une exception notable : l’inflation y est restée contenue à 2,49 % en rythme annuel, la plus faible de l’île de Java et bien en deçà de la moyenne nationale. Mais cette stabilité repose sur des équilibres délicats, à la merci des soubresauts des prix mondiaux des matières premières.
Face à ces signaux épars, les banques centrales des quatre coins de la planète doivent naviguer à vue. La résurgence des coûts logistiques, comme en Argentine, et la volatilité des prix alimentaires, comme au Ghana, rappellent que les chaînes d’approvisionnement restent le talon d’Achille de la stabilité macroéconomique. Si ces tensions ne constituent pas encore un tournant, elles soulignent la nécessité d’une vigilance multilatérale renforcée.
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