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mercredi 27 mai 2026 · Édition de 20:00 CET

En Bolivie, l'état d'exception devient l'arme du président Paz face aux blocages

Après l'abrogation d'une loi encadrant l'état d'exception, le chef de l'État menace de déployer l'armée face à la paralysie du pays. Mais le dialogue reste fragile, tandis que la colère sociale s'étend des mineurs aux chauffeurs.

Géopolitique11 sources4 langues3 min de lectureMàj 05:42

Le président bolivien Rodrigo Paz a promulgué mercredi la révocation de la loi 1341, supprimant les dernières restrictions à l'intervention des forces armées en cas de conflit interne. Cette décision, adoptée par le Sénat puis par la Chambre des députés en session virtuelle, intervient au vingt-deuxième jour d'un blocus routier qui asphyxie La Paz et El Alto. Les syndicats miniers, les organisations paysannes et les groupes fidèles à l'ancien président Evo Morales réclament la démission de M. Paz, dénonçant ses réformes économiques libérales, notamment la réduction des subventions aux carburants et un projet de réforme agraire qui, selon eux, favoriserait l'accaparement des terres par de grandes entreprises.

La presse latino-américaine replace cette crise dans un cycle régional : comme d'autres dirigeants conservateurs arrivés au pouvoir en Amérique du Sud sur la promesse de rompre avec des années de gestion de gauche, Rodrigo Paz voit sa popularité s'effondrer sous l'effet des ajustements impopulaires. Le « capital de patience sociale » s'épuise vite face à la stagnation économique et à l'insécurité, note-t-on dans les capitales voisines. La rue ne se contente plus de revendications catégorielles : à La Paz, les chauffeurs de transport public ont ainsi déclenché une grève illimitée pour exiger des compensations pour les dégâts causés par une essence de qualité instable, ajoutant une dimension sectorielle à la fronde politique.

En Europe, plusieurs médias mettent en garde contre les risques d'une militarisation du conflit. La presse espagnole souligne que si une partie de l'opposition a soutenu la levée du « verrou » législatif, des organisations de défense des droits de l'homme et des secteurs de l'Église appellent à éviter une escalade répressive. Le quotidien suédois Dagens Nyheter rapporte que le président lui-même a reconnu son échec à unir le pays, promettant de dialoguer mais n'ayant « pas encore osé jouer la carte de la force ». Cet aveu de faiblesse contraste avec la rhétorique martiale qui entoure la nouvelle loi, et illustre la difficulté à rétablir l'ordre sans fracturer davantage une société déjà polarisée.

L'horizon immédiat s'annonce incertain. Alors que le gouvernement accuse Evo Morales de piloter les protestations – un décès a été confirmé lors d'une opération militaire le week-end dernier –, la voie du dialogue esquissée par M. Paz semble étroite. La bourgeoisie indigène prospère d'El Alto, bastion historique du morales, pourrait basculer si la répression frappe les quartiers populaires. La communauté internationale observe avec inquiétude la tentation d'un retour à l'état d'exception, dans un pays où la mémoire des coups d'État et des interventions militaires reste vive. Entre main tendue et main de fer, le jeune gouvernement joue là sa crédibilité démocratique.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Stampa latinoamericana/ bolivariana_progressistascetticismoindignazioneallarme

La presse latino-américaine émet de forts doutes sur l'abrogation de cette loi, y voyant un avantage unilatéral pour le président Rodrigo Paz dans sa répression des mouvements sociaux. Elle pointe les risques de dérives autoritaires et de militarisation, tout en décrivant les barrages routiers et les pénuries comme l'expression d'un profond malaise social attisé par des mesures économiques injustes.

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Les médias d'Europe continentale dépeignent une Bolivie en plein chaos, où le président obtient les pleins pouvoirs pour décréter l'état d'exception mais semble hésitant et incapable de rassembler le pays. Le récit oscille entre dialogue et menace d'intervention militaire, le gouvernement reconnaissant lui-même son échec à réconcilier le pays à mesure que la contestation s'amplifie.

Cette actualité est parue dans

11 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

El Nuevo Siglo27 mai, 16:42
La Gaceta27 mai, 16:39
El Espectador27 mai, 16:43
A2427 mai, 19:18
Dagens Nyheter27 mai, 19:19
La Vanguardia27 mai, 19:16
CBN27 mai, 16:40
Agência Brasil27 mai, 16:40