Crise constitutionnelle en Hongrie : le Premier ministre menace de destituer le président
Le refus de démission de Tamás Sulyok, nommé par Viktor Orbán, pousse Péter Magyar à engager une procédure d’impeachment ou de révision constitutionnelle, après l’expiration d’un ultimatum le 31 mai.

La confrontation entre le nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar et le chef de l’État Tamás Sulyok est entrée dans une phase aiguë avec l’expiration, le 31 mai à minuit, de l’ultimatum fixé pour une démission volontaire. Dès le lendemain, Magyar a annoncé son intention d’engager des procédures juridiques pour destituer le président, y compris par une révision de la Constitution ou le lancement d’une procédure d’impeachment, si Sulyok persistait dans son refus. Cette annonce a suivi une rencontre entre les deux hommes au palais présidentiel, sans qu’aucun compromis n’ait été trouvé.
L’arrivée au pouvoir de Magyar, vainqueur des élections législatives d’avril avec son parti Tisza, a mis fin à seize années de gouvernance de Viktor Orbán et de son parti Fidesz. Le nouveau gouvernement avait promis de « nettoyer » l’appareil d’État des responsables nommés sous l’administration précédente, jugeant que nombre d’entre eux restaient des relais des intérêts d’Orbán. Tamás Sulyok, installé à la présidence en février 2024 sans élection directe par la majorité Fidesz, est ainsi devenu la figure de proue de cette purge annoncée. Le président a cependant refusé de se démettre, arguant de sa légitimité à achever son mandat de cinq ans et dénonçant ce qu’il appelle une « exploitation politique de la Constitution ».
Les réactions internationales reflètent des perspectives contrastées. Les médias européens (Presse espagnole, allemande, suédoise) y voient une épreuve pour la jeune démocratie hongroise, où un conflit institutionnel menace la stabilité politique retrouvée, tandis que la presse russe met en avant les accusations de Sulyok contre ce qu’il présente comme un « coup de force » constitutionnel risquant d’approfondir les divisions de la société hongroise et de nuire au retour des fonds européens liés à l’État de droit. Du côté latino-américain, on souligne la détermination de Magyar à effacer toute trace de l’ère Orbán, quitte à modifier les fondements constitutionnels.
Fort d’une majorité des deux tiers au Parlement, le parti Tisza a les moyens juridiques de faire adopter les amendements nécessaires ou de destituer le président. Magyar insiste toutefois sur sa volonté de ne pas légiférer « pour une personne », mais de restaurer ce qu’il appelle l’État de droit. L’issue de ce bras de fer pourrait avoir des répercussions sur les relations de la Hongrie avec l’Union européenne, alors que Budapest cherche à débloquer des fonds conditionnés au respect de l’indépendance judiciaire. Dans cette période de transition post-Orbán, l’affrontement Magyar-Sulyok apparaît comme un test décisif pour la capacité du pays à concilier rupture politique et stabilité institutionnelle.
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Le nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar cherche à démanteler l’héritage institutionnel de Viktor Orbán, mais se heurte à la résistance du président Tamás Sulyok, nommé sous l’ancien gouvernement. Après l’expiration de l’ultimatum pour une démission volontaire, Magyar a annoncé qu’il utiliserait sa supermajorité parlementaire pour modifier la constitution et destituer le chef de l’État. L’impasse constitue un premier test de la capacité du nouvel exécutif à renouveler un appareil d’État encore peuplé de fidèles orbaniens.
Le Premier ministre Magyar a menacé de forcer le président Sulyok à démissionner, ce à quoi Sulyok a réagi en dénonçant une exploitation politique de la constitution. Le président a averti que cette tentative risque de provoquer une crise constitutionnelle, d’aggraver les fractures sociales et de nuire à l’image démocratique de la Hongrie. Les sources russes soulignent que Sulyok s’est exprimé sur une plateforme bloquée en Russie, présentant l’affrontement comme une lutte de pouvoir déstabilisatrice.
Le nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar cherche à destituer le président Tamás Sulyok, nommé sous l’ancien dirigeant Viktor Orbán, dans le cadre d’un vaste effort d’épuration des responsables de l’ère Orbán dans les institutions. Après le refus du président de démissionner, Magyar a annoncé qu’il déclencherait des mécanismes juridiques, y compris une éventuelle réforme constitutionnelle, pour le contraindre au départ. Le parti de centre-droit Tisza, qui a mis fin à seize années de pouvoir orbánien, présente cette destitution comme une étape clé pour consolider le changement démocratique.
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