Course à pied : l’Indonésie s’empare de la fièvre mondiale
À Jakarta, la course à pied devient un phénomène de société : records, courses sur les voies réservées et réflexion sur la ville durable se conjuguent.

Le 7 juin, le Yellow Run 2026 s’élancera au stade Gelora Bung Karno de Jakarta avec un objectif affirmé : battre le record national de course à pied. Initié par Mukhamad Misbakhun pour répondre à l’engouement croissant des coureurs indonésiens, cet événement cristallise une passion qui gagne toute la métropole. Ce même jour, pourtant, les autorités prévoient de dévier la ligne 1 du Transjakarta, rappelant que l’organisation de telles manifestations oblige à repenser la mobilité urbaine.
Cette fièvre n’est pas un épiphénomène local. À l’échelle mondiale, la course à pied s’impose comme une industrie florissante : le marché des chaussures de running, estimé à 45,7 milliards de dollars en 2024, pourrait dépasser les 73 milliards d’ici une décennie, selon les données relayées par la presse espagnole. Le marathon de Londres a enregistré près de 1,4 million de demandes d’inscription, un record. Pourtant, des voix s’élèvent, notamment en Italie, pour questionner les bénéfices réels de cette pratique, alors que le Kényan Sebastian Sawe vient de franchir la barre mythique des deux heures sur 42 kilomètres.
L’Indonésie s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Le Global Running Day, célébré le même 7 juin dans dix villes indonésiennes sous l’égide de l’équipementier japonais ASICS, promeut un bien-être holistique — « un esprit sain dans un corps sain » — à travers des courses de 5 kilomètres. Un mois plus tard, le 12 juillet, le Jakarta Sky Fun Run empruntera la voie réservée du Transjakarta Corridor 13, transformant une infrastructure de transport en piste d’un jour. Avec pour thème « Running Into Tomorrow », l’événement, limité à 5 000 participants, s’inscrit dans les célébrations du 499e anniversaire de la capitale.
Cette appropriation des espaces urbains par la course à pied ne va pas sans une réflexion sur la ville durable. En parallèle, Jakarta s’attaque au traitement des déchets organiques, comme en témoigne l’initiative du quartier de Cawang visant à réduire le volume envoyé à la décharge de Bantar Gebang. Ces efforts, couplés aux réaménagements temporaires pour les événements sportifs, esquissent une métropole qui cherche à conjuguer vitalité économique, santé publique et responsabilité environnementale. Alors que la planète court, la manière dont les villes intégreront cet élan dans leur planification déterminera si cette tendance reste éphémère ou façonne durablement l’urbanisme de demain.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L'Asie du Sud-Est célèbre la course comme une fête collective et un théâtre de records nationaux. Le Yellow Run ambitionne de battre des marques au stade GBK de Jakarta, et la Journée mondiale de la course mobilise dix villes indonésiennes dans une étreinte bien-être. Des événements comme le Jakarta Sky Fun Run transforment les voies aériennes du Transjakarta en vitrines de fierté commune.
Les médias d'Europe méditerranéenne doutent des bienfaits réels de la course. Le raz-de-marée d'inscriptions au marathon de Londres et l'exploit du Kényan Sawe sous les deux heures n'éteignent pas le scepticisme. La presse soupèse le coût physique et psychologique d'une habitude planétaire, laissant entendre que toute mode n'est pas bonne à suivre.
L'Amérique latine adopte la course comme moteur de bien-être et marché en plein essor. Le Global Running Day se fait guide pratique : voici les bienfaits et les clés pour débuter sans risque. Avec un marché mondial de la chaussure de course dépassant 45 milliards de dollars et une industrie qui pèse plus de 50 milliards, le ton est pragmatique et triomphal.
Cette actualité est parue dans
5 sources · 3 langues · fenêtre 24 h