Chute historique du tabagisme américain face à une industrie de la nicotine en pleine mutation
Alors que seuls 9 % des Américains fument encore, les autorités sanitaires d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient alertent sur l’essor des cigarettes aromatisées et des dispositifs électroniques qui ciblent les jeunes.

Aux États-Unis, la proportion de fumeurs adultes est tombée à 9 % en 2025, un plancher historique qui tranche avec les 42 % du milieu des années 1960. Ce succès, attribué aux taxes, aux interdictions dans les lieux publics et aux campagnes de prévention, masque cependant une réalité mondiale plus sombre. Tandis que la cigarette recule dans les pays riches, l’industrie du tabac déploie des stratégies agressives pour séduire les jeunes générations d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen‑Orient, en misant sur les arômes et les dispositifs électroniques. À Hong Kong, le secrétaire à la santé a qualifié les cigarettes aromatisées de « calice empoisonné », dénonçant des additifs qui masquent l’amertume et attirent les adolescents ; selon lui, près de 70 % des premières bouffées de nicotine chez les jeunes proviennent de ces produits.\n\nLa riposte s’organise aussi en Amérique latine. Au Brésil, l’Institut national du cancer (INCA) ne parle plus seulement de lutte contre le tabagisme, mais contre « toute l’industrie de la nicotine », dont les cigares aromatisés et les vaporettes rendent l’initiation « plus attirante et plus agréable ». Son directeur rappelle qu’un produit qui tue un utilisateur sur deux ne devrait pas exister. Pourtant, des gouvernements cèdent aux pressions économiques : en Argentine, le projet de dérogation de la loi d’étiquetage frontal – ces octogones noirs avertissant des excès de sucre, sel ou graisses – au motif qu’elle « confond » les consommateurs et entrave le commerce avec le Mercosur, illustre la tentation du recul réglementaire, susceptible de s’étendre aux produits du tabac.\n\nFace à cette offensive, les organisations sanitaires internationales appellent à une coopération renforcée. Au Mexique, les milieux médicaux dénoncent les campagnes des fabricants qui agitent le spectre d’une explosion de la contrebande pour justifier la promotion des vaporettes, pourtant interdites. En Iran, le ministère de la Santé met en garde contre les « artifices de séduction » – arômes fruités, emballages colorés, allégations trompeuses – et constate une augmentation de 3 millions du nombre absolu de consommateurs, les mineurs étant les plus exposés. La Journée mondiale sans tabac, célébrée le 31 mai, offre une tribune pour exiger des normes harmonisées et une transparence accrue.\n\nL’expérience américaine prouve que des politiques volontaristes peuvent faire reculer la consommation de cigarettes. Mais la stagnation du vapotage chez les adultes (7 %) et l’émergence de nouveaux produits nicotiniques exigent une vigilance de tous les instants. Sans une coordination internationale, notamment avec les pays francophones d’Afrique où la présence des multinationales s’accroît, le combat contre la nicotine pourrait se fragmenter en une multitude de batailles locales, perdues d’avance face à des géants aux ressources colossales. La question n’est plus seulement de réduire le tabagisme, mais de déjouer une industrie qui se réinvente sans cesse pour perpétuer la dépendance.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La presse latino-américaine dénonce le tabagisme comme une urgence sociale et économique qui appauvrit les ménages et vise les adolescents avec des cigarettes aromatisées ; elle appelle à une responsabilisation de l'industrie de la nicotine et rappelle que les traitements gratuits du système public peuvent multiplier par deux les chances d'arrêter.
La presse russe relève un minimum historique de 9 % de fumeurs adultes aux États-Unis en 2025, attribuant la baisse aux taxes, interdictions et campagnes éducatives, dans un compte rendu sobre sans parallèle national.
La presse iranienne tire la sonnette d'alarme sur 60 000 décès annuels liés au tabac et une hausse de 135 % du tabagisme chez les femmes de 18 à 25 ans, appelant à une mobilisation interministérielle et à une éducation familiale pour une société sans fumée.
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