Assassinats en Inde : quand les conflits d’héritage prennent une ampleur transnationale
Un couple arrêté pour le meurtre d’une professeure à Delhi, un enseignant australien tué au Pendjab par son frère : derrière ces crimes, l’obsession foncière qui transcende les frontières.

Le meurtre brutal de Debosmita Paul, assistante au Shivaji College de l’Université de Delhi, a connu un tournant avec l’arrestation d’un couple originaire du Bengale occidental. Selon plusieurs médias indiens, les suspects, connus de la victime, auraient parcouru près de 1 400 kilomètres pour commettre ce crime, laissant leur enfant en bas âge à l’extérieur de l’appartement avant d’attaquer l’enseignante de 42 ans. Le mobile principal évoqué par la police est un conflit autour d’un bien hérité du grand-père maternel, situé au Bengale, que le couple tentait d’acquérir. L’enquête n’écarte pourtant aucune piste : le mari séparé de la victime, qui se trouvait à Pune selon ses déclarations, est également examiné, de même que l’implication éventuelle de tueurs à gages.
À plus de 400 kilomètres de là, dans le Pendjab, une autre affaire implique Sunil Sharma, enseignant de mathématiques à Melbourne. Revenu en Inde pour vendre ses biens immobiliers, il a été assassiné peu après. La police locale accuse son propre frère d’avoir orchestré un complot pour s’emparer d’actifs estimés à environ 500 000 dollars. Drogué, roué de coups avec une batte de baseball, son corps aurait été jeté dans un canal, où il demeure introuvable. Des documents consultés par la presse australienne évoquent des aveux du frère, qui aurait agi avec l’aide de son neveu et de sa belle-sœur.
Ces deux affaires, bien que distinctes, s’inscrivent dans un schéma récurrent de violences liées à l’héritage foncier en Inde, où la pression démographique et la flambée des prix de l’immobilier exacerbent les tensions familiales. La dimension géographique est saisissante : dans le cas de Delhi, les assassins présumés ont traversé plusieurs États ; pour l’Australien, c’est le retour au pays natal qui s’est avéré fatal. La presse indienne a mis l’accent sur le caractère méthodique de ces crimes – usage de masques, déplacement par les escaliers, absence d’effraction –, tandis que les journaux australiens ont souligné l’onde de choc dans la communauté indo-australienne et les risques pour les expatriés.
Pour un lectorat francophone, ces événements résonnent avec certaines réalités africaines où les litiges successoraux dégénèrent parfois en meurtres, notamment dans des contextes de diaspora. Les suspects de Delhi étaient des connaissances, comme souvent dans ces drames de proximité ; au Pendjab, le frère incarne la trahison intime. Les enquêtes, toujours en cours, devront déterminer si ces actes relèvent de la préméditation individuelle ou de réseaux plus structurés. L’arrestation rapide des auteurs présumés, grâce à la vidéosurveillance et à une coopération policière entre États, n’éteint pas les questions sur la prévention de ces crimes passionnels liés à la rente foncière.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La police de Delhi a arrêté un couple du Bengale occidental pour le meurtre d'une professeure adjointe d'université. Le mobile serait un conflit immobilier, la victime ayant refusé de vendre un bien hérité. Les enquêteurs examinent aussi la piste d'un assassinat commandité et le rôle du mari séparé.
Un meurtre en chambre close s'est transformé en une chasse à l'homme à travers quatre États. Un couple du Bengale aurait parcouru 1 400 kilomètres jusqu'à Delhi pour tuer une professeure d'université, motivé par un conflit autour d'une propriété valant des millions. Les caméras de surveillance et les registres de taxi ont permis à la police de reconstituer le complot.
Un professeur de mathématiques de Melbourne a été drogué, battu à mort avec une batte de baseball et jeté dans un canal au Pendjab. La police indienne a inculpé son frère pour meurtre, dénonçant un complot motivé par l'appât du gain visant à s'emparer de près de 750 000 dollars d'actifs. La communauté australienne est sous le choc de ce crime barbare contre un père aimé.
Cette actualité est parue dans
7 sources · 2 langues · fenêtre 24 h