Se connecter
Édition de 16:00 CETjeudi 11 juin 2026
287 sources · 16 langues77 briefings aujourd'hui
lundi 8 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

Alors que les canicules frappent trois continents, le monde se prépare à un nouveau record de chaleur

L'Organisation météorologique mondiale estime à 86 % la probabilité qu'une année surpasse le record de 2024 d'ici 2030, tandis que l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Sud subissent des vagues de chaleur exceptionnelles.

Énergie & Climat8 sources5 langues3 min de lectureMàj 04:00

La Terre vient de vivre son année la plus chaude jamais enregistrée et tout indique que ce record sera de courte durée. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Met Office britannique, la température moyenne du globe en 2024 a dépassé de 1,55 °C le niveau préindustriel. D’après leurs nouvelles projections, la probabilité qu’une année surpasse ce seuil entre 2026 et 2030 atteint 86 %, la fourchette haute des modèles pointant jusqu’à 1,9 °C au-dessus de la référence 1850-1900. La moyenne quinquennale 2026-2030 a elle-même 75 % de chances de dépasser le seuil symbolique de 1,5 °C, au cœur de l’Accord de Paris. Leon Hermanson, du Met Office, cité par la presse germanophone, prévient qu’un possible El Niño fin 2026 pourrait faire basculer le record dès 2027.

En Europe, une série d’épisodes torrides illustre déjà cette nouvelle donne. Au Royaume-Uni, le mercure a grimpé jusqu’à 35,1 °C à Kew Gardens, un niveau inédit pour un mois de mai, avant que l’arrivée d’air plus frais et d’averses orageuses ne ramène Londres autour de 31 °C. Ces chaleurs ont provoqué des difficultés d’approvisionnement en eau dans le Kent, où les habitants ont été appelés à restreindre leur consommation, tandis que plusieurs décès liés aux fortes températures étaient rapportés. En France, un nouveau record mensuel a été établi à 37,8 °C, et quatorze départements demeuraient en alerte orange jusque dimanche. L’Allemagne a suffoqué sous un « dôme de chaleur » avoisinant les 30 °C, mais les services météorologiques y annonçaient l’arrivée de dégradations orageuses et d’une masse d’air plus respirable en provenance de la mer du Nord.

Sur le continent asiatique, Taipei a enregistré 38,3 °C, pulvérisant le record de mai relevé depuis l’ouverture de la station en 1896. L’Agence météorologique taïwanaise attribue cette chaleur extrême à la conjugaison d’un anticyclone pacifique, d’une couverture nuageuse réduite et d’un vent de sud-ouest accentuant l’effet de cuvette du bassin de Taipei. La nuit, les températures sont restées à un niveau tropical, empêchant tout répit. Cette intensité s’inscrit dans la tendance globale, les vagues de chaleur nocturnes devenant plus fréquentes et plus longues à travers l’Asie orientale urbaine.

Dans l’hémisphère Sud, les projections ne sont pas plus rassurantes. Les experts brésiliens mettent en garde contre un « El Niño Godzilla » attendu pour le printemps et l’été 2026-2027. Selon leurs notes techniques, ce phénomène devrait provoquer une sécheresse marquée dans les régions du Nord et du Nordeste, aggraver les incendies de forêt et affecter la santé des populations, alors que le Sud serait confronté à des inondations majeures dues à des précipitations intenses et durables. Des canicules intenses pourraient amplifier ces deux pôles de désastre, rappelant que le dérèglement climatique ne se lit plus seulement dans les courbes de température mondiale, mais dans l’empilement quasi simultané d’événements extrêmes sur tous les continents.

Cette actualité est parue dans

8 sources · 5 langues · fenêtre 24 h

Le Figaro
Bild
Helsingborgs Dagblad
Focus Taiwan
Le Monde
Valor Econômico
The Independent
Tages-Anzeiger